Bonjour,

Je ne sais pas si c'est le bon endroit pour parler, mais j'avais besoin de vider mon sac, et d'apporter mon témoignage.

Cela fait 5 ans que je me suis en France. Mon expatriation dans ce pays a été motivée par mon amour sincère et profond de la culture et de la langue française.

Tel Obélix tombant dans sa potion magique , je suis tombé dans le chaudron de la culture française à un âge assez bas, mon enfance ayant été bercée par les génériques de dessins animés tels que "Il était une fois la vie", "C'est pas sorcier", ou "Les mystérieuses cités d'or".

Quant à la langue française, sans me jeter des fleurs, je pense avoir un niveau proche d'un français natif, de par mes excellents résultats académiques en français, je me souviens qu'à chaque rentrée scolaire, à l'achat des fournitures scolaires, je devorais le manuel de français avant la fin de la journée.

Cette francophilie à néanmoins eu un prix, je me sentais étranger dans mon propre pays d'origine, à tel point que je maîtrise mieux le français que ma langue natale, sans pour autant que je sois un cas unique. J'ai pu rencontrer des personnes qui partageaient le même état d'esprit que moi, et dont la plupart sont aujourd'hui en France aussi.

Lors de mon arrivée en France, j'appréhendais naturellement l'eventualité d'être déçu, après tout, lieux vaut ne pas rencontrer ses héros, comme dit l'adage.

Fort heureusement, mes premières années en France se sont merveilleusement passées, malgré les coups durs, j'ai un diplôme français et un travail bien rémunéré, mais récemment, je ressens une érosion au plus profond de mon âme, la réalisation lente mais progressive que ce pays et des habitants ne veut pas de moi, que le terme "immigré" commence à avoir une connotation pejorative, que ce n'est qu'une question de temps avant l'exclusion, voire pire...

J'avoue avoir passé plus de temps que nécessaire à consulter les tréfonds de la sphère médiatique française, et européene en général, mais il devient de plus en plus dur d'éviter ces discours, parfois très convaincants malgré mon statut d'étranger, appelant à l'inversion des flux migratoires et à la réduction des droits des étrangers et binationaux, et je crains d'être une victime collatérale dans cette tornade, étranger sur cette terre qui m'est désormais familière.

Je pourrais partir la queue entre les jambes et me retrancher dans mon pays d'origine de mes propres moyens et refaire ma vie, après tout, l'expérience acquise en France me fera dénicher un travail sans trop de mal, mais même là bas, je ne suis plus en phase avec la mentalité et les valeurs dominantes, à tel point que, bien qu'ethiquement, je sois dans la majorité, mes idées et valeurs me font appartenir à la minorité.

Merci de m'avoir lu.

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