Bonjour r/france,

Je souhaitais vous partager une reflexion sur la parentalité ou plutôt le choix de la non-parentalité. La question est régulièrement évoquée, notamment sous l'angle écologique ou féminisite, mais je voudrais m'en tenir ici à une analyse en terme de lutte des classes.

En premier, je dois préciser que je suis profondément pessimiste sur notre avenir commun. Cela ne signifie pas pour autant que nous ne pouvons pas mener une vie heureuse, avec ou sans enfant. Le bonheur étant une chose qui peut naître et perdurer même dans les contextes les plus sombres. Je me considère d'ailleurs comme étant heureux et j'ai confiance en à ma capacité à le rester. Mais comme je l'ai dit certaines tendances actuelles me rendent pessimistes et je pense que ne pas avoir d'enfant est en partie une manière d'y répondre : plus forte concentration des richesses, aliénation par la technologie, affaiblissement des structures collectives, des espaces de sociabilité, et, à l'inversement un renforcement des intérêts privées (capitalistes). J'ajouterais le caractère toujours plus "spectaculaire" de la politique, vidant de leurs sens les idéologies, aliénant une part toujours plus grande de la population, les amenant à voter contre leurs intérêts (c.a.d contre les intérêts des travailleurs). Enfin, le probable retour de la guerre en Europe.
Je pourrais développer ces points en commentaires si nécessaire.

En réponse à ces phénomènes, ne pas avoir d'enfant, quand bien même il pourrait avoir une vie longue et heureuse, c'est refuser de faire perdurer la machine. C'est refuser de voir sa progéniture être soumise au mêmes rapports de dominations économiques que soit même, autrement dit, refuser de nourrir les appétis des capitalistes d'une nouvelle force de travail, à exploiter... ou peut être même pire, à exclure.
Avoir un enfant c'est devoir assurer ses intérêts avant les siens et même avant ses convictions, cela signifie se placer dans une situation de vulnérabilité, une plus grande probabilité de devoir se soumettre.

Enfin, ne pas avoir d'enfant ne signifie pas ne rien faire, et c'est là qu'est l'acte militant. À mon sens, cela devrait signifier faire preuve d'encore plus d'altruisme. Autrement dit, consacrer son temps et ses ressources, non pas pour sa propre chair ni uniquement à soit, mais surtout à autrui. Ce qui a mon sens (mais c'est une position philosophique personnelle), est bien plus morale encore. Car si la révolution est extrèmement difficile à déclencher et plus encore, à rendre fertile, nous avons tous le pouvoir de lutter. C'est bien un message d'espoir que je partage ici, car nous sommes tous en capacité de créer ou du moins de participer à des espaces de résistances, et il y en a beaucoup, pour tous les goûts : manifester, militer dans un parti ou une asso, participer à des espaces de sociabilité mixte, faire de la sensibilisation, de la prévention, partager de la connaissance, de la culture, prendre soin des autres, de l'environnement... Je parle plutôt ici de structures collectives et pas d'un travail "domestique", bien que également utile et nécessaire. Mais le collectif me semble être un élément essentiel et plus puissant, qui pour beaucoup, nous échape malheureusement.

Evidement ce message s'adresse davantage à des personnes de gauche, ou dirais-je, à des travailleurs conscients de leur classe et de leurs intérêts.

En espérant vous avoir simplement invité à la réflexion.

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